Puis, elle comprit en voyant l'homme, au bout de la plage, faire de grands gestes, que c'était le propriétaire du chien qu'elle avait aperçu au loin.

  • « T'es superbe le chien , je te garderai bien mais tu n'es pas à moi. Vas vite retrouver ton maître. Allez file. Tu vas te faire gronder.»

Rien à faire. Le bon gros toutou la regardait toujours, semblant comprendre ses paroles mais ne bougeant pas .L'homme paraissait ancré dans le sable. Ça lui semblait totalement aberrant qu'il ne vienne pas rechercher son animal. « Moi », pensa t'elle «  j'aurai couru aussi vite que j'aurai pu en voyant que Scoubidou ne revenait pas, j'aurai eu trop peur de le perdre, qu'on me le vole, qu'on lui fasse du mal. »

Raphaëlle attendit un peu mais le chien tournait autour d'elle comme pour jouer et l'homme n'avançait toujours pas. Il semblait crier, sûrement le nom de l'animal, mais avec le vent et le bruit des vagues, aucun son ne parvenait jusqu'à elle.

Elle serait bien restée ainsi mais elle se mit à marcher avec le chien en direction de son maître, toujours immobile, comme une statue de marbre. Etait-il handicapé ? Dans ce cas, elle faisait bien de lui ramener son compagnon à 4 pattes. Il la suivait mais ne la dépassait jamais. Visiblement, il était bien élevé cet animal.

Enfin, elle entendit distinctement «  TAYARI ! AU PIED !!!! » .

« Le monde est décidément bien petit » pensa t'elle. « Je viens me dépayser ici et je tombe sur un français ! »

Tayari n'était pas pressé d'aller le retrouver et elle pouvait le comprendre, étant donné le ton désagréable de son maître . Il restait près d'elle comme si elle était tout pour lui. La pensée que l'animal pourrait être la réincarnation du sien lui traversa l'esprit. Et l'homme ne bougeait toujours pas. Elle commençait sérieusement à être agacée par son attitude.

Elle pouvait maintenant le distinguer parfaitement et constater que non, il n'avait aucune excuse pour n'être pas venu chercher son chien. Il était brun et devait avoir le même âge qu'elle.

Il lui parla en anglais et elle lui répondit qu'elle était française.

«Ben ! Je suis français moi aussi !  Fallait pas me le ramener ! Il revient toujours  ! »lui dit- il sur un ton de reproche.

Il n'avait pas l'intention de lui lancer un petit merci . Elle se dit que ça lui apprendrait à toujours vouloir être sympa.Elle fit demi-tour. Inutile de se prendre la tête avec un inconnu mal luné. Tayari n'avait pas envie qu'elle parte, il tournait à nouveau autour d'elle.L'homme accrocha sa laisse à son collier et le tira avec tendresse. Ce qui la rassura totalement.

Elle eut un peu mal au cœur de le laisser mais il le fallait. L'animal émit un petit aboiement . Elle se mit dans la tête que c'était sa façon à lui de lui dire le petit mot magique que son maître n'avait pas dit. Raphaëlle lança «  salut Tayari contente de t'avoir rencontré .»