C'est parti pour le défi n°117 lancé par M'mamzelle Jeanne. Vous pouvez lire les consignes sur son blog

J'ai choisi Molière (dialogue en violet) et Florence Foresti au Jardin des Plantes.

Un dimanche d'aout 1994. Il est très tôt, Paris s'éveille tout doucement.

 

 

-Pardonnez moi de vous importunez.  Laissez moi vous conter mon désarroi !

 -Hein ? Qu'est ce qui se passe ?

-J'implore votre secours. Je ne reconnais rien ...Je suis perdu. Je rejoins le Louvre en marchant et je ne retrouve plus mon chemin.

 -A pied ? Vous êtes sur ? Vous allez mettre du temps!

 -En peu de temps parfois on fait bien du chemin. (1)

-Bon alors...Je vais vous montrer. On peut faire un bout de chemin ensemble. Là on est au Jardin des plantes donc c'est tout droit puis à droite au pont neuf et à gauche puis tout droit.Mais c'est pas tout près non plus. En métro c'est plus simple. Mais il se passe quoi au Louvre ? C'est pas le carnaval pourtant? Vous tournez un film historique c'est ça ? Hein ? allez dites je veux savoir. Quel film ? Je connais le metteur en scène dite pour voir. Allez allez svp ça m'intéresse.

-Comme diantre, vous parlez vite !  Oh ! Que de paroles perdues ! (2)   Hola ! Hola ! Tout doucement.

 -Je parle toujours comme ça! Si ça te défrise. Prends un taxi  pauvre mec !

 -Fi ! Je ne vous permets pas de la sorte de m'insulter avec ce vocabulaire . Mais vous sortez d'où pour me parler ainsi ? Je n'ai jamais rien vu de pareil … des hardes d'homme pour une femme ?

 -Des fringues d'homme ? Ou ça ? Et ho ! Faut sortir de ta cambrousse. Zyeutes un peu sur le net . Et vous pouvez parler vous avec votre costume de théâtre et cette perruque ridicule.

Et vos pompes !! trop drôles ! Pouah ! Elles me font rigoler mais rigoler comme c'est pas possible.

 -Mais qui rit d'autrui doit craindre qu'en revanche on rie de lui. (3)

 -Aucun soucis. J'aime rire et faire rire et même de moi !

-Alors... Faites en votre métier. Persuadé je suis que vous vous épanouirez.

-Merci du conseil. C'est une excellente idée. Je vais y réfléchir.

 -Je comprends fort bien très chère. Vous n'êtes point d'ici vu le langage que vous utilisez et votre accoutrement.C'est donc cela ma belle demoiselle.

 -HA ! Ça y est . Très chère et ma belle demoiselle ! Rien que ça. Velà ti pas que vous me draguez maintenant. Tiens ? vous me filez pas votre 06 en plus ? Ça m'étonne.

-Savez vous au moins à qui vous vous adressez  de la sorte ?

 -Allez zy vas  ! dis pour voir que je rigole.

-Mon nom.. mon nom est Jean-Baptiste Poquelin  ou Molière !

-Rien que ça. Arrêtez de me faire rire.J'en pleure. Hihihi 

C'est une caméra cachée ? Elle est où ? Hein ? Allez montrez vous ! Ça ne me fait plus rire du tout là ! Non mais ! C'est les copines qui me font une blague ?

-Quand vous serez connue je reviendrai vous applaudir. Il est temps pour moi de m'éclipser j’aperçois le Louvre là bas.Merci pour le chemin.

Alors que Florence Foresti cherchait une éventuelle caméra cachée derrière un banc ,elle ne vit pas le fantôme de Molière diminuer de volume comme un ballon de baudruche pour s'éclipser en une seconde comme il était venu. Seule son ombre s'éternisa quelques instants au-dessus d'elle puis s'effaça à son tour.

 

  1. extrait de L'étourdi de Molière

  2. extrait de:Les fourberies de Scapin de Molière

  3. extrait de : L'école des femmes de Molière