Sur le chemin du retour, elle pensa à sa vie, à son amie qui vivait des moments si difficiles, au monde qui ne tournait plus rond, aux horreurs des attentats. Des pensées noires se succédèrent dans sa tête. Elle se répéta qu'elle n'était rien et que ça lui me faisait un mal de chien. Elle n'en pouvait plus et était à bout. Elle n'attendait pourtant pas grand chose de ce type, mais juste un petit merci lancé du bout de ses lèvres, un sourire même furtif, aurait suffit à le rendre peut être pas amical mais sympathique. Elle prit mal l'attitude de cet homme. D'ailleurs, c'était toujours un grain de sel dans la mer qu'elle captait et qui lui renvoyer sa vérité en pleine face. Son mal être lui revenait alors comme un boomerang. Avec ce qui venait de se passer à New York, elle avait juste besoin d'un soupçon d'humanité de sa part.

 Puis, elle se mit à observer le vol des oiseaux au dessus de sa tête et ses idées pessimistes s'envolèrent avec eux.

Elle était là pour se ressourcer, pour se détourner de son existence trop vite devenue insupportable, pour tout oublier et non pour se morfondre.

Le lendemain matin, elle reprit sa promenade là où elle l'avait arrêtée. En arrivant sur la plage, elle les vit tous les deux : lui assis sur le sable face à la mer et le chien couché de tout son long à ses cotés. La forte envie de caresser le chien s'estompa en pensant au comportement de l'homme la veille. Elle jeta à nouveau un coup d’œil dans leur direction et ne fut pas si surprise que ça en découvrant le labrador courir vers elle. Un large sourire se dessina sur ses lèvres mais s'estompa aussitôt. Cette fois ci, l'homme suivait l'animal.